C’est ici que l’aventure du Domaine Camille Thiriet s’est véritablement ancrée, même si Camille s’était déjà fait connaître de quelques sommeliers exigeants et palais avertis à travers ses confidentielles cuvées de négoce, vinifiées dans son « garage » de Comblanchien.
En effet, en 2021, Camille et son mari Matt se voit proposés d’acquérir cette belle parcelle de 80 ares située tout en haut du coteau de Corgoloin. Elle culmine à plus de 350 mètres d’altitude. Très vite, Camille comprend qu’elle tient là un grand terroir, qui, du bas vers le haut, alternent différents types de sol qui vont donner au vin toute sa complexité. Sur la partie basse du Clos, les sols sont très minces, composés d’argiles fines, qui laissent rapidement la place à la roche-mère. Plus on monte, plus les sols deviennent profonds, apportant aux jus de belles densités de texture. Une diversité géo-pédologique rare, reflet de millions d’années de mouvements tectoniques, d’érosion, de dépôts sédimentaires.
En outre, isolée et entourée sur une bonne moitié par la forêt qui coiffe ce coteau de Corgoloin, cette vigne forme un véritable écosystème, dont Camille et Matt prennent soin comme d’un véritable jardin.
Intégrant une proportion importante de vendanges entières, toujours placées en bas de cuve, et recouvertes de baies égrappées intacte, la cuvaison se fait le plus naturellement du monde, sur levures indigènes, en privilégiant une infusion douce, aidée de quelques remontages au sceau. L’élevage intègre très peu de bois neuf (moins de 10%), afin de préserver au plus près l’éclat frais et franc du fruit, sur ce terroir aux maturités plutôt tardives, mais bien régulières.
Le résultat cette année tutoie les sommets : au nez comme en bouche, la grâce, la concentration et l’énergie sont au rendez-vous, dans une sensation d’harmonie qui nous enchante. A peine le nez au-dessus du verre, le vin embaume de parfums de fruits rouges plus vrais que nature, à la fois mûr et toniques : on pense à la framboise, la fraise écrasée, à la prune rouge, mais aussi à la fraîcheur de la canneberge et des petits grains de grenade que l’on presserait entre nos doigts. Un soupçon de myrtille apporte davantage de profondeur. A l’aération, une dimension plus épicée donne du relief, autour d’une menthe poivrée et d’une nuance de réglisse.
On adore la sensation d’énergie et de vitalité que le vin dégage en bouche, autour d’une chair savoureuse, au toucher subtilement velouté. Quelques tannins élégants, poudrés, s’accrochent délicatement sur les côtés de la langue et prolongent le plaisir. Un vin complexe, à la fois ample et raffiné, qui rivalise aisément avec un Vosne ou un Chambolle : quelle classe !
Après quelques années de cave, il brillera sur un canard au sang, à la façon de celui de la Tour d’Argent, un pigeonneau rôti et son jus court aux airelles.
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